TARRASCH
Siegbert Tarrasch (1862-1934).
Tarrasch, un nom qui revient sans cesse quel que soit le livre d'échecs que l'on ouvre, théorie des ouvertures, du milieu de jeu tactique et stratégique, des finales. Son influence sur les échecs allemands et mondiaux à la fin du XIXe siècle et début du XXe fut considérable et lui valu le surnom de Praeceptor Germaniae.
Siegbert Tarrasch est né le 5 mars 1862, à Breslau, aujourd'hui Wroclaw en Pologne, qui fut aussi la ité natale du grand Adolf Anderssen. A dix-huits ans, il vient à Berlin afin de poursuivre ses étude de médecine qu'il terminera à Halle. Il exercera comme généraliste à Nuremberg à partir de 1887.
A cette époque, il était déja devenu un joueur d'échecs aussi talentueux que pasionné. Il avait appris à jouer à l'age de quinze ans avec un camarade d'école et avait gravi les échelons jusqu'à devenir maitre de la fédération Allemande en 1883. Il va être un des meilleurs joueurs du monde pendant deux décennies.
On ne cite pas les nombreux tournois qu'il gagne dans cette période, ni les joueurs de premier plan qu'il rencontre, comme son match contre le meilleur russe Tchigorine, contre lequel il fait match nul en 1893. A cette époque, il est sans doute le numéro un mondial, mais le match qui aurait dû l'opposer à Steintz ne se fait pas. Il refuse dédaigneusement de rencontrer le jeune Emmanuel Lasker, conseillant à ce dernier de faire ses preuves avant d'espérer se mesurer à lui! Résultat, Lasker se rend en Amérique et bat steintz, devenant ainsi le deuxième champion du monde officiel. Et quand tarrasch le rencontre en 1903, dix ans trop tard, son heure est passée, il est proprement écrasé.
On a reproché injustement à Tarrasch d'être dogmatique, alors qu'il fut l'un des premiers à reconnaitre toute le valeur et tout le talent des hypermodernes; on a voulu voir en lui l'un des tenats de l'école classique, alors que son jeu était moderne et qu'il fut le premier à admettre que le pion de la Dame isolé n'es pas un pion comme les autres. Finalement, il était très proche de ce que sera Ribert Fischer : ne jamais se laisser enfermer - le jeu resseré porte en lui le germ de la défaite - aimait-il à déclarer, et privilégier le dynamisme sur la peur des faiblesses structurelles.
Il est mort à Munich le 17 février 1934, et l'Histoire lui à rendu justice.