LOUIS-CHARLES MAHE DE LA BOURDONNAIS
Louis-Charles Mahe De La Bourdonnais (1795-1840)
Né à l'île de Bourbon (aujourd'hui La Réunion) en 1795, Louis-Charles était petit-fils de Bertrand François Mahé, comte de La Bourdonnais (Saint-Malo 1699 - Paris 1755), marin et administrateur français, gouverneur des Iles de France (l'île Maurice) et de Bourbon, vainqueur des Anglais à Madras en 1740 et qui contribua à l'établissement des comptoirs français de l'Inde.
Louis-Charles est envoyé en France afin de poursuivre ses études au Lycée Henri IV de Paris. II découvre les Echecs en 1814 - Napoléon était à l'île d'Elbe - et fréquente assidûment le Café de la Régence où il devient l'élève d'AlexandreLouis-Honoré Deschapelles, alors le meilleur joueur français. L'élève dépasse très vite le maître qui abandonnera les Echecs pour le whist.
En 1825, La Bourdonnais se rend pour la première fois en Angleterre où il bat les joueurs qui lui sont opposés. En juillet, il épouse une Anglaise, Eliza Waller Gordon. Revenu à Paris, il se réveille un beau matin ruiné par des spéculations malheureuses à Saint-Malo. II considère alors la possibilité de vivre des Echecs pour lesquels il avait négligé ses affaires.
En 1833, il publie en deux volumes à Paris Le Nouveau Traité du Jeu d'Echecs, ouvrage qui sera traduit en russe et en espagnol. De retour à Londres
en 1834, il rencontre en une série de matches le joueur irlandais Alexandre McDonnell (1798-1835), alors considéré comme le meilleur joueur du Westminster Club de Londres et de tout le Royaume-Uni. La Bourdonnais l'emporte largement. Le Français est reconnu comme le meilleur joueur du monde.
Son style vigoureux met en pratique les enseignements de Philidor et il a pleinement reconnu l'importance du centre. Cela faisait de lui un grand stratège, sans qu'il y perde sa vision de tacticien. Les parties de ses matches furent publiées et commentées, contribuant indubitablement au développement ultérieur du jeu.
En 1836, avec Joseph Mery, il fonde Le Palamède, la première revue entièrement consacrée aux Echecs.
La fin de sa vie est assombrie par la maladie et par des soucis financiers. En novembre 1840, il se rend pour la troisième fois à Londres où des amis lui ont trouvé un emploi au Simpson's Divan. II dispute des parties en public, mais il est de plus en plus malade et meurt le 13 décembre 1840. Les autorités de l'île de Bourbon lui ont accordé un peu tard une pension de 3 000 F dont sa veuve ne verra pas le premier franc. Comme McDonneil, il est enterré à Kensal Green.