Alexandre Alekhine (1892-1946)
Encore un besognuex des échecs. Il étudie comme pas un les ouvertures, remet en question certaines phases du jeu et ne remporte son premier succès qu'à l'âge de 20 ans à Stockholm. En 1914 à St-Petersbourg il se classe 3ème dérrière Lasker et Capablnaca. Comment pourrait-on qualifier ce génie ? Tiens ! La réponse est dans la question… Un génie tout simplement. Sa science du jeu, des ouvertures, des combinaisons était phénoménale; Le 1er février 1925 il battit le record du monde de parties à l'aveugl, à Paris. 28 adversaires pour un résultat de 22 victoires, 3 nulles et 3 défaites.
Cependant, comme ses prédécesseurs, Alekhine n'allait pas remettre tout de suite en jeu son titre acquis 1927. Il faudra attendre 1929 et son choix de challenger. Efim Bogolioubov (1889-1952). Loin d'être un faible joueur on aurait plutôt imaginé Alekhine rencontrer Euwe, Réti, Nimzovitch ou Rubinstein. Enfin, le match débuta le 6 septembre 1929 à Wiesbaden et s'acheva sur une victoire d'Alekhine avec 8 gains, 3 pertes et 15 nulles.
Ne souhaitant toujours pas rencontrer Capablanca pour un match revanche, Alekhine accepta toutefois en 1935 de rencontrer pour le titre suprême le Hollandais Machgielis (dit Max) Euwe. La rencontre eut lieu dans plusieurs villes des Pays-Bas, en 30 parties, le vainqueur étant celui ayant marqué le plus de points. Obligation était faite à Euwe d'accepter une revanche en cas de victoire, dans les 2 années suivantes. Ce match n'allait pas se dérouler comme Alekhine l'aurait souhaité. Pourtant tout avait bien commencé puisqu'il menait 3-1 après 4 parties. Cependant Euwe allait progressivement refaire son retard et égalisait au soir de la 14ème partie.
Suivent des nulles. Dans la 20ème, Alekhine s'inclinait avec les noirs. Idem dans la 21ème où il abandonnait avec les blancs au 41ème coup. Nouveau coup dur pour le champion dans la 26ème. Bref, le match devait s'achever sur le score de 15,5 à 14,5 en faveur de Max Euwe. Le monde des échecs avait donc un nouveau champion.
Comme convenu entre les deux joueurs (Euwe en gentleman accepta l'idée du match revanche contrairement à ses prédécesseurs, et s'y tint), la revanche eut lieu en 1937. Entre-temps Alekhine avait participé à quelques tournois sans réellement se distinguer. Mais l'on s'apercut très vite de son retour au plus haut niveau et le résultat du match est spectaculaire : 11 victoires pour Alekhine, 4 défaites et 11 nulles. Euwe n'avait pas fait le poids ! Alekhine reprenait donc sa couronne. Suivent deux années en dents de scie et la guerre. Le Russe s'installe en France puis en Espagne et enfin au Portugal. En 1946 il accepte de remettre son titre en jeu face à la nouvelle étoile soviétique, Botvinnik. Mais le match n'aura jamais lieu. Alexandre Alekhine meurt le 24 mars 1946.
Remercions l'Histoire de nous avoir laissé un génie des échecs. Je ne saurai trop conseiller le lecteur à étudier ses parties, lire ses propos quant au développement des pièces, ouvertures, théorie, etc. Il est sans aucun doute une clé incontournable pour tout amateur du jeu. Merci Monsieur Alekhine.