La Sitelle et le Mendiant
Mon rêve me transporta près de la rivière,
Là où les mots, s’endorment pour l’hiver.
Sur une note mélodieuse, froide et limpide,
Une journée ensoleillée, glaciale et timide.
La neige avait recouvert mon image, d’un tablier blanc,
Un clochard! C’était endormi dans le parc, sur un banc.
Dans un chêne, près de lui, l’oiseau, le regarda en battant des ailes,
Elle descendait tête vers le bas, s’était elle… Mademoiselle la Sitelle!
Le veille homme engourdit, tremblotait de froid,
Cette fois! Aujourd’hui… serait probablement sa dernière fois.
L’oiseau triste et désolé, tenta de le réveiller.
Le visage de l’homme ridé, portait la souffrance d’un monde oublié.
Mille fois, j’ai rêvé et prié pour un monde meilleur,
Sans pauvreté, sans guerre et ni douleur.
Les flocons virevoltaient dans tous les sens,
Le souffle du vent, lentement, glaçait son enfance.
Elle le connaissait bien, ce vieillard, ce copain,
Celui qui mendiait, celui qui apportait, quelque tournesol chaque matin.
Progressivement la nuit, déposait son manteau noir sur le jour,
Le crépuscule valsait une aurore boréale à son tour.
Un sentiment d’impuissance transperçait le cœur de l’oiseau,
Une larme, une lance, un couteau.
Sur sa grosse barbe, blanchis par les années,
Elle se blottit, dans un nid de solidarité et d’amitié.
Comme pour veiller sur son ami,
La sitelle, s’endormie, près de lui.
Cette nuit là! Le froid fut très intense,
Une tempête qui fouettait dans tous les sens.
Jamais! La Sitelle ne le quitta,
Pour elle! La vie, avait été… un dur combat.
Le mendiant ne respirait presque plus,
Mademoiselle, sentait son cœur presque nu.
L’amitié d’un oiseau, l’amitié d’un mendiant,
Rien! N’est plus solidaire que deux amants.
Le jour, se leva à nouveau,
La chaleur du soleil brillait sur les plateaux.
Lentement la vie reprenait son sens,
La rivière clapotait une musique, une danse.
Nos deux amis toujours unis,
C’était le début, d’une nouvelle vie.
Fin…
Denis Fortin
30 mai 2003
fortin_denis@hotmail.com